© François Bibonne - Fbleau

Biographie

Alexandre Jamar est un compositeur belge né en 1995 à Paris. Sa pratique de la composition est marquée par son activité de chanteur formé à la musique ancienne. L'intérêt particulier qu'il porte aux correspondances entre littérature et musique se retrouve dans la place importante de la musique vocale à son catalogue. Il est par ailleurs fasciné par les possibilités expressives d'une musique purement instrumentale, dans la continuité des théories des affects baroques. Son intérêt pour les musiques du passé se manifeste aussi dans la transcription, qu'il envisage comme une pratique de composition à part entière.

Sa musique a été interprétée par des formations telles que l’Ensemble l’Itinéraire, l'Ensemble Intercontemporain, l'Ensemble Cairn, l'Orchestre de Picardie ou l'Ensemble Ecoute. Il est en résidence avec ce dernier de 2022 à 2025, et participe à de nombreux concerts et ateliers pédagogiques de l'ensemble. En juillet 2022, il est lauréat de la première édition du concours Elan, organisé par l'Ircam et l'Orchestre national d'Île-de-France pour sa pièce Five Forest Studies. En août 2026, il participe à l'académie de composition du Festival de Lucerne, encadrée par Unsuk Chin et Dieter Ammann. Il est pensionnaire de l'Akademie der Künste de Berlin d'octobre à décembre 2026.

Alexandre Jamar s'est formé en composition de 2020 à 2025 au CNSM de Paris auprès de Gérard Pesson, puis à la Musikhochschule de Freiburg-im-Breisgau auprès de Johannes Schöllhorn. Il étudie le chant baroque avec Caroline Bardot, Jérôme Corréas et Stéphane Fuget au CRR de Paris, et se produit en tant que chanteur avec des ensembles tels qu'accentus (dir. Laurence Equilbey), les Métaboles (dir. Léo Warynski) ou les Cris de Paris (dir. Geoffroy Jourdain). Il est également titulaire d'un diplôme d'administration culturelle à Sciences Po Paris en 2018.

ƒuvre

alfabet

Pour cinq voix, electroniques et ensemble
Publication : Durand-Salabert-Eschig
SÉLECTION 2026

Œuvre nominée
pour le Tremplin Musical 2026

alfabet a pour origine un recueil éponyme de la poétesse danoise Inger Christensen, paru en 1981. Dans un art de la liste vertigineux, elle y célèbre toute chose existant sur Terre, afin de garantir sa survivance par l’écrit, la parole et la mémoire. Le texte est organisé selon deux principes simples : l’alphabet et la série de Fibonacci. L’énumération des choses qui « existent » se fait suivant l’ordre alphabétique, et le nombre de vers croît à chaque poème selon la série de Fibonacci (1, 2, 3, 5, 8, 13, etc).

J’ai conservé ces deux principes dans la musique, dont l’effectif croît au fil de la pièce, et dont les parties chantées sont constituées de mots correspondant à cette logiqueb alphabétique. La partie électronique est une lecture intégrale des dix premiers poèmes du recueil par María Cristina Kiehr. Fixer la déclamation par un enregistrement m’a permis de composer de façon plus précise et plus étroite des correspondances entre texte et musique. L’intérêt de ce recueil pour moi est la ligne de crête entre contrainte et évidence sur laquelle il évolue. Christensen parvient à conjuguer son projet formel d’écriture à un lyrisme intense et une éblouissante immédiateté d’expression.