© PWM Edition - Bartek Barczyk

Biographie

Née en 1943 à Lwów (Ukraine), elle vit et travaille à Paris depuis 1981.

Elle suit des études de composition à Varsovie avec Tadeusz Baird et Zbigniew RudziƄski, et à Paris, de musique électroacoustique avec Pierre Schaeffer et François Bayle dans les années 1970, puis de composition et d’analyse avec Betsy Jolas dans les années 1980.

Elle est co-fondatrice, avec Wojciech Michniewski et Krzysztof Knittel, du groupe de compositeurs KEW. Ils travaillent ensemble de 1973 à 1981.

Elle suit des stages d’informatique musicale à Paris, à l’Ircam, et aux États-Unis au CCRMA de l’université Stanford.

Lauréate de plusieurs prix aux concours de composition, ElĆŒbieta Sikora a reçu la croix de chevalier de l’ordre du Mérite de la République de Pologne et elle a été nommée chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres à Paris.

Elle a été directrice artistique du festival Musica Electronica Nova à WrocƂaw de 2011 à 2017.

ElĆŒbieta Sikora n’hésite pas à utiliser les nouvelles technologies dans ses œuvres instrumentales, vocales et électroacoustiques.

Son catalogue comporte plus de soixante-dix titres dont plusieurs ont été gravés sur CD.

Ses œuvres sont éditées chez Polskie Wydawnictwo Muzyczne (PWM).

https://elzbietasikora.com/fr/biographie/ (légèrement revisé)

ƒuvre

Dorian Grey

SÉLECTION 2026

Œuvre nominée en 2026
pour le Prix de Composition Musicale 2027

De manière significative, Elzbieta Sikora, construit les parties vocales féminines de ses œuvres lyriques avec une attention toute particulière – elles ne sont ni ornementales ni subordonnées aux voix masculines, mais sont des voix de défi et d'autodétermination.

Utilisant un large éventail de techniques vocales – du chant à la déclamation, du murmure au cri – à l’instar de Kaija Saariaho dans L’Amour de loin ou d’Olga Neuwirth dans Lost Highway, Elzbieta Sikora crée une riche palette d’émotions, oscillant entre lyrisme et drame, entre l’individuel et le collectif.

Dans les opéras d’ElĆŒbieta Sikora, les femmes occupent une place singulière. Elles ne correspondent pas aux archétypes lyriques, mais sont des protagonistes en quête de sens, à la fois fragiles et courageuses…

… La voix humaine occupe une place centrale dans Dorian Gray, le dernier opéra d'ElĆŒbieta Sikora, sur un livret de Sir David Pountney.

Sa présence structure l'ensemble de l'œuvre et influence les sonorités instrumentales, parmi lesquelles les percussions qui jouent un rôle primordial.

Sikora utilise une riche gamme de couleurs vocales et instrumentales –solo, petit ensemble ou tutti, des sons amplifiés et spatialisés, des toms et de divers objets, jusqu'à des dispositifs pour jouer sur des parties inhabituelles du piano.

La compositrice souligne qu'elle s'inspire des « points d'interrogation, des mystères, des euphémismes, des pages blanches, des approches non conventionnelles de l'acte créatif » - des motifs que l'on retrouve dans l'œuvre d'Oscar Wilde - où elle perçoit le drame d'un homme et d'un artiste pris au piège d'un réseau de mesquinerie, de mensonges et de cruauté.

Dans Dorian Gray, la compositrice renoue avec les questions qui l’accompagnent depuis le début de son parcours créatif : les limites de l’expression artistique et de la beauté, la responsabilité de l’artiste et le rôle du hasard dans le destin humain.

Ainsi, la question d’Einstein, déjà présente dans Madame Curie, son précédent opéra – « À quoi bon tout cela ? » – réapparaît ici avec une force renouvelée, annonçant une nouvelle quête : celle du son, du sens, et de l’essence même de la création.

Weronika Nowak, 23 novembre 2025, extrait du programme du Poznan Opera House.

(légèrement adapté)