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Biographie

Le compositeur sud-coréen Whan Ri-Ahn a commencé sa formation en composition à l'Interlochen Arts Academy (États-Unis), avant de poursuivre ses études au Royal College of Music de Londres auprès de Kenneth Hesketh, où il a reçu la James Horner Scholarship Award, soutenue par Sara Horner. Il a ensuite étudié à la Haute école de musique de Genève auprès de Michael Jarrell et s'est formé à la musique électronique avec Luis Naón et Gilbert Nouno.

Il a obtenu son Master de composition au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), dans la classe de Frédéric Durieux. À Paris, il a également étudié la musique électronique avec Yan Maresz, Luis Naón et Grégoire Lorieux.

Sa musique a été commandée et interprétée par de nombreux orchestres, ensembles, institutions et solistes, parmi lesquels le Los Angeles Philharmonic, le London Symphony Orchestra, Ensemble Modern, Ensemble Contrechamps, Ensemble Proton Bern, Ensemble TIMF, Pierre Bleuse, Johannes Kalitzke et Inmo Yang. Son œuvre L'Oiseau dans le Temps II a été créée au Festival Présences de Radio France en 2023.

En 2023, son œuvre Parole sparse a été nommée au Tremplin Musical de la Fondation Prince Pierre de Monaco. La même année, il a reçu le Prix de composition Marthe Depelsenaire de la Fondation de France ainsi que le Prix de composition de la Fondation Francis et Mica Salabert.

Il a été sélectionné pour le Panufnik Scheme du London Symphony Orchestra (2024/25) ainsi que pour la résidence de composition de l'Académie du Festival d'Aix-en-Provence (2025). Il poursuit actuellement un doctorat au King's College London sous la direction de Sir George Benjamin, tout en bénéficiant du mentorat d'Unsuk Chin.

ƒuvres

FantasĂ­a NostĂĄlgica

Pour violon
SÉLECTION 2026

Œuvre nominée 
pour le Tremplin Musical 2026

Fantasía Nostálgica est née d'une conversation avec le violoniste Inmo Yang autour d'une lettre que Johannes Brahms avait adressée à Clara Schumann. Dans cette lettre, une indication très simple - un crescendo immédiatement suivi d'un decrescendo - est devenue le point de départ de notre échange. J'ai longtemps porté ce geste en moi, en me demandant ce qu'il pouvait signifier pour moi en tant que compositeur.

Ce n'est que bien plus tard, après la disparition de ma grand-mère, alors que j'étais loin de chez moi, que je me suis retrouvé à contempler les étoiles. Le geste m'est alors apparu comme une main tendue vers une étoile lointaine : un mouvement de désir qui s'élance vers l'extérieur avant de retomber doucement. De cette image est née une œuvre qui explore la nostalgie - non pas seulement comme souvenir, mais comme la distance qui nous sépare de quelque chose à jamais hors d'atteinte.

Le violon fut mon premier instrument. Même après l'avoir délaissé pendant de nombreuses années, j'ai continué à voir dans le violon et son étui un discret réceptacle de mémoire - un lieu où demeurent des fragments du passé, attendant d'être rouverts. Dans cette œuvre, j'ai imaginé que l'instrument lui-même pouvait transformer la salle de concert en une chambre de mémoire.

L'œuvre se déploie en six mouvements étroitement reliés. À la manière d'un jeu enfantin de mots en chaîne, chaque mouvement commence sur la dernière note du précédent, permettant à un souvenir d'en faire naître naturellement un autre. Un funambule bavard, un carrousel fantomatique, un vieux récit de grand-mère, une berceuse pour compter les étoiles, des rêves, puis enfin P.S. (La carte postale retrouvée dans un vieux tiroir) apparaissent non comme les épisodes d'un récit linéaire, mais comme des fragments de mémoire qui émergent, se superposent et s'effacent peu à peu. Le dernier mouvement revient doucement au présent, comme si l'on refermait un vieux tiroir - ou peut-être l'étui du violon lui-même.

Fantasía Nostálgica a été commandée par le violoniste Inmo Yang, qui en a assuré la création au Carl Bechstein Hall de Kronberg le 3 juillet 2024.

Parole sparse pour huit instrumentalistes

Pour ensemble
Publication : auto-édition
SÉLECTION 2023

Œuvre nominée 
pour le Tremplin Musical 2023

Parole sparse (le titre est en italien et signifie Mots épars) est une composition musicale qui plonge dans l'exploration du langage et du non-langage, entrelaçant les dimensions verbales et non verbales de l'expression humaine. S'inspirant de mes expériences cinématographiques et s'appuyant sur les concepts artistiques de mes œuvres précédentes, Rituel au tombeau d'Isang Yun et Suicidal Impulse, cette pièce s'inspire en outre des mots d'Alda Merini « Spazio, io voglio tanto spazio ».

Dans Rituel au tombeau d'Isang Yun, je me suis lancé dans un voyage transformateur, traduisant des chants, des textes et des scènes rituelles funéraires coréens en un récit musical. Cet effort m'a permis de transmettre des émotions et des histoires profondes uniquement à travers le langage sonore. De même, dans la composition électroacoustique Suicidal Impulse, j'ai transformé les voix et les textes enregistrés pour brouiller les frontières de l'identité, créant ainsi une figure narrative en perpétuel état de métamorphose.

Issu de la même racine que Rituel au tombeau d'Isang Yun et Suicidal Impulse, Parole sparse aborde différemment son exploration du langage et du non-langage, traçant un chemin unique tout en conservant un lien avec ses origines artistiques.

Avec Parole Sparse, l’ensemble instrumental lui-même assume un rôle central en tant qu’entité unifiée mais énigmatique, cherchant à incarner le langage de manière verbale. Chaque instrument devient un véhicule d'expression linguistique, avec des phrases et des motifs conversant de manière transparente dans leur dialogue musical.

De plus, la composition disperse et rappelle les consonnes et les voyelles à travers le tissu musical, s'inspirant du « Io voglio tanto spazio » d'Alda Merini. Cette fragmentation et cette dispersion intentionnelles des éléments linguistiques font écho aux complexités des aspects parlés et tacites de l’expérience humaine. La tapisserie sonore qui en résulte devient une toile où le sens, l’émotion et le son sont tissés ensemble, remettant en question la communication conventionnelle et invitant les auditeurs à adopter un niveau de compréhension plus profond.

Traduit d’un texte en anglais de Seong-Hwan Lee/Whan Ri-Ahn