Born in 1943 in Lwow (then Poland), Elzbieta Sikora studied music composition with Tadeusz Baird and Zbigniew RudziĆski in Warsaw, with Betsy Jolas, in Paris and electro-acoustic music composition with Pierre Schaeffer and François Bayle, in Paris as well.
In 1973, she founded, with Wojciech Michniewski and Krzysztof Knittel the Group of Composers KEW.
Scholarships from the French government for IRCAM, in Paris, and from the city of Mannheim (Germany) as well as from the Kosciuszko Foundation (New York) for CCRMA (Computer Research Center for Music and Acoustics), at Stanford University, have enriched the composer's international perspective.
Elzbieta Sikora has received among others: The second Prize for her opera Ariadna, at the Composers Competition in Dresden (Germany), and the Prix Magisterium for Aquamarina in Bourges, France.
She has been awarded by SACEM, received the SACD Prize Nouveau Talent Musique, in Paris, for her opera L’Arrache-coeur.
She received the Cross of Merit from the Polish Government in 1997, and in 2004, she was named Chevalier des Arts et des Lettres by the French Ministry of Culture. From 1985 to 2005, Elzbieta Sikora thought at the Music Conservatory and at the Fine Art School in Angoulême.
In 2004 and 2007, she was Visiting professor at the University of Chicago. For her opera Madame Curie, she received several prizes in Poland and in France.
From 2011 to 2017, Elzbieta Sikora was Artistic director of Musica Electronica Nova Festival, Wroclaw.
Elzbieta Sikora lives and works in Paris.
Her works, published by PWM, are performed around the world.
https://elzbietasikora.com/en/biography/
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De manière significative, Elzbieta Sikora, construit les parties vocales féminines de ses œuvres lyriques avec une attention toute particulière – elles ne sont ni ornementales ni subordonnées aux voix masculines, mais sont des voix de défi et d'autodétermination.
Utilisant un large éventail de techniques vocales – du chant à la déclamation, du murmure au cri – à l’instar de Kaija Saariaho dans L’Amour de loin ou d’Olga Neuwirth dans Lost Highway, Elzbieta Sikora crée une riche palette d’émotions, oscillant entre lyrisme et drame, entre l’individuel et le collectif.
Dans les opéras d’ElĆŒbieta Sikora, les femmes occupent une place singulière. Elles ne correspondent pas aux archétypes lyriques, mais sont des protagonistes en quête de sens, à la fois fragiles et courageuses…
… La voix humaine occupe une place centrale dans Dorian Gray, le dernier opéra d'ElĆŒbieta Sikora, sur un livret de Sir David Pountney.
Sa présence structure l'ensemble de l'œuvre et influence les sonorités instrumentales, parmi lesquelles les percussions qui jouent un rôle primordial.
Sikora utilise une riche gamme de couleurs vocales et instrumentales –solo, petit ensemble ou tutti, des sons amplifiés et spatialisés, des toms et de divers objets, jusqu'à des dispositifs pour jouer sur des parties inhabituelles du piano.
La compositrice souligne qu'elle s'inspire des « points d'interrogation, des mystères, des euphémismes, des pages blanches, des approches non conventionnelles de l'acte créatif » - des motifs que l'on retrouve dans l'œuvre d'Oscar Wilde - où elle perçoit le drame d'un homme et d'un artiste pris au piège d'un réseau de mesquinerie, de mensonges et de cruauté.
Dans Dorian Gray, la compositrice renoue avec les questions qui l’accompagnent depuis le début de son parcours créatif : les limites de l’expression artistique et de la beauté, la responsabilité de l’artiste et le rôle du hasard dans le destin humain.
Ainsi, la question d’Einstein, déjà présente dans Madame Curie, son précédent opéra – « À quoi bon tout cela ? » – réapparaît ici avec une force renouvelée, annonçant une nouvelle quête : celle du son, du sens, et de l’essence même de la création.
Weronika Nowak, 23 novembre 2025, extrait du programme du Poznan Opera House.
(légèrement adapté)