Claudia Jane SCROCCARO (1984, Italy) is a composer based in Paris, where she teaches electronic music at IRCAM.
Her work explores the interaction between instrumental writing, voice, and digital technologies, with a focus on formal structures, spatialization, and the social dimension of listening. Her practice often draws on literary, visual, and documentary sources, exploring how extra-musical materials can shape musical form and modes of listening.
After initial training in piano and orchestral conducting, with Piero Bellugi, she studied musicology at the University of Rome Tor Vergata before pursuing composition and electronic music at the Santa Cecilia Conservatory. Supported by a DAAD scholarship, she continued her composition studies with Marco Stroppa at the Stuttgart University of Music and Performing Arts, and later joined IRCAM’s Cursus in Composition and Computer Music, where she has taught since 2021.
She was a Fellow of the French Academy in Rome – Villa Medici in 2024–2025, where she developed a research project around the Franco-Italian poet Amelia Rosselli, exploring the musical portrait as a space for memory, identity and representation across music, literature and the visual arts.
Her music has been presented at major European festivals, including Donaueschinger Musiktage, IRCAM ManiFeste, Festival ECLAT, Festival Propagations, Ultima Oslo and Warsaw Autumn, with the support of IRCAM, Fondation Royaumont, France Musique, SWR, and the Fondation Pierre Boulez. It has been performed by Ensemble Musikfabrik, SWR Vokalensemble, Johanna Vargas, Carolina Santiago, Talea Ensemble, Ensemble Linea, and Florentin Ginot.
Recent projects include On the Edge (SWR Vokalensemble, SWR Experimentalstudio, Donaueschinger Musiktage), FARO (Ensemble Musikfabrik, Fondation Pierre Boulez, Villa Medici, IRCAM), and Espaces Blancs (GMEM Marseille).
Her sound installation Détails et retailles, conceived as a dialogue with Henri Matisse’s Jazz, was recently presented at the Grand Palais of Paris as part of the exhibition Matisse 1941–1954, produced by the Centre Pompidou and IRCAM.
On the Edge explore les frontières entre espaces virtuels et physiques, voix imaginées et incarnées, perception individuelle et collective.
Le public est plongé dans un univers sonore inspiré par les expériences de femmes vivant aux marges de la société, des voix qui portent en elles une multitude de formes, d’espaces et de visages, tel un polyèdre en perpétuelle transformation. Au cœur de l’œuvre se trouve une question qui s’adresse à chacun d’entre nous : quelle version de la réalité choisissons-nous d’accepter, et comment pouvons-nous retrouver notre capacité à écouter des voix restées trop longtemps inaudibles ?
La pièce est née d’une série d’ateliers menés avec des femmes vivant dans des centres d’hébergement de la région parisienne, reconstruisant leur vie après des expériences de traumatisme et de déplacement. Plutôt que d’aborder directement ces expériences, nous avons travaillé à partir de souvenirs musicaux (berceuses, chansons et fragments de mélodies) comme une manière indirecte d’approcher la mémoire et de créer un espace partagé. Ces souvenirs sont entrés en dialogue avec les premiers poèmes de Mina Loy, dont le langage fragmenté et l’existence nomade ont offert un espace poétique dans lequel les matériaux recueillis au cours des ateliers pouvaient résonner et se transformer.
La conception spatiale et technologique est indissociable de sa forme musicale. L’œuvre commence alors que le public est encore rassemblé dans le foyer et que la salle de concert demeure vide. Pourtant, les deux espaces sont déjà reliés acoustiquement : dissimulées parmi le public, les solistes portent sur leur corps des haut-parleurs qui diffusent le son du chœur, tandis que leurs propres voix sont simultanément transmises en direct dans la salle. Présence physique et présence virtuelle commencent ainsi à se superposer.
Dans le foyer, le chant des solistes émerge progressivement du bruit des conversations, qui cède peu à peu la place à l’écoute. Peu à peu, cette écoute partagée se déplace vers la salle de concert, dans une forme de procession. En entrant dans la salle, le public découvre le chœur qui chante déjà dans l’auditorium vide : un espace sonore qui existait avant son arrivée et dont les voix lui étaient déjà parvenues depuis un autre lieu.
L’œuvre commence ainsi avec un auditorium vide et s’achève sur une scène vide, tandis que le chœur et les solistes quittent progressivement la salle en chantant, jusqu’à ce que la musique elle-même disparaisse. On the Edge dessine un arc allant du bruit vers l’écoute, puis de la musique vers le silence, faisant de l’acte d’écoute du public une partie intégrante de la composition.
On the Edge a été développé avec le SWR Vokalensemble, le chef Yuval Weinberg et le SWR Experimentalstudio, sur commande des Donaueschinger Musiktage.