© Anne-Laure Lechat

Biographie

Né au Japon en 1995, Yuki Nakahashi a étudié la composition auprès d’Ichiro Nodaira à l’Université des Arts de Tokyo. C’est là qu’il obtient son diplôme supérieur de composition.

À partir de 2020, il continue sa formation au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris, dans les classes de Stefano Gervasoni, Yan Maresz, Luis Naon et Grégoire Lorieux, dont il obtient, en 2025, un nouveau diplôme de master en composition.

Actuellement, il prépare un doctorat à l'École supérieure de l'Université des Arts de Tokyo, sous la direction de Toshiyuki Orikasa.

Son travail puise fréquemment son inspiration dans l’écoute du monde sonore environnant, dont il perçoit et relève la complexité et les nuances.

Alors qu’il explore l’aspect organique de la musique, les idées Qu’il recueille sur le terrain nourrissent l'évolution de sa technique vocale et de son langage harmonique.

Cette pratique est parfois associée à la composition assistée par ordinateur via OpenMusic et Max/MSP, qu’il utilise pour transposer des phénomènes acoustiques objectifs dans un univers musical personnel et polysémique.

Il mène actuellement des recherches doctorales sur les méthodologies de composition pour instruments hybrides. Ces travaux visent à systématiser et à articuler les approches d'intégration du jeu instrumental et du son électroacoustique au moyen d'instruments hybrides, en les présentant comme des méthodologies de composition propres à ce médium.

Son travail a été distingué lors de nombreux concours, au Japon comme à l'international.

Lors du Concours international de Genève 2022, il a remporté le Deuxième prix, ainsi que le Prix du jeune public, le Prix des étudiants et le prix Nicati-De Luze.

En 2025, il a reçu le Prix du jury lors de l'appel à œuvres du Quatuor Lontano.

En 2024, sa Fanfare pour le 10e anniversaire de l'Auditorium de Radio France a été interprétée par l'Orchestre National de France.

Sa pièce de fin d'études au Conservatoire de Paris, And I sole ear pour 21 musiciens et électronique, a été nominé pour la 36e édition du Prix de composition Yasushi Akutagawa Suntory. Il est également lauréat du 43e prix Toyama.

Ses œuvres ont été interprétées par des ensembles tels que l'Ensemble Inter-contemporain, le Berg Orchestra, les Neue Vocalsolisten Stuttgart et le Tokyo Geidai Philharmonia.

Il a bénéficié du soutien de l'Agence des Affaires culturelles (Japon), de la Rohm Music Foundation et de la Kakehashi Foundation.

Texte traduit de l’anglais

ƒuvre

Jeux/Polychromies

Pour saxophone tenor et piano
SÉLECTION 2026

Cette œuvre explore les relations possibles entre le saxophone et le piano, deux instruments de natures fondamentalement distinctes. Plutôt que de chercher à les fusionner, la pièce assume et accentue leurs disparités d'intervalles et de gestique, engendrant ainsi des ruptures dans le discours musical.

Le premier mouvement repose sur le principe de la variation. Dès l'ouverture, un motif descendant en doubles croches est exposé - de manière chromatique au piano, par des intervalles microtonaux au saxophone. Ce décalage ludique réapparaît sous différentes formes à chaque retour du motif.

Par ailleurs, le piano ne se contente pas d'accompagner le saxophone ; il introduit parfois des gestes qui contrastent avec ceux du saxophone, et provoquent ainsi la dissolution de la coordination entre les deux instruments.

En revanche, le deuxième mouvement s'articule autour de la présentation d'harmonies déployées dans la durée. Il a pour axe central l'exploration de couleurs harmoniques et de leur transformation progressive.

Ces transformations s'opèrent grâce à une grande variété de trilles multi-phoniques et bi-chromatiques, par alternances entre deux échelles chromatiques distinctes, fondée sur le demi-ton pour l’une et sur le micro-intervalle, pour l’autre - ainsi qu'à une construction harmonique basée sur le cycle des quintes.

Cependant, le motif descendant qui caractérise le premier mouvement demeure latent tout au long du second. Il émerge explicitement à la fin de l'œuvre, là où la différence irréductible entre les deux instruments se manifeste finalement comme une différence de temporalité.

Yuki Nakahashi
30/06/2026