Biographie

Diane Meur est née en 1970 à Bruxelles et vit à Paris.
Pendant ses études secondaires au lycée français de Bruxelles, elle prend l’initiative d’apprendre l’allemand.

Après deux années de classes préparatoires au lycée Henri IV de Paris, elle intègre l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, en section lettres modernes. Hésitant entre germanistique, lettres modernes et histoire, très vite elle se lance dans la traduction.

Elle a notamment traduit Musique et société de Hanns Eisler (éditions de la Maison des Sciences de l’homme, 1998), les Écrits sur Dante d’Erich Auerbach (Macula, 1999), Léthé. Art et critique de l’oubli de Harald Weinrich (Fayard, 1999) et, aux éditions du Cerf en 2001, de Heinrich Heine, Nuits florentines, précédé de Le Rabbin de Bacharach et de Extraits des mémoires de Monsieur de Schnabeléwopski.

Après de longs mois consacrés à Heine, à un livre sur les techniques mnémoniques au Moyen Âge (Mary Carruthers, The Book of Memory, Macula) et à Figura d’Erich Auerbach (sur l’interprétation « figurative » de la Bible par les chrétiens médiévaux et le rapport complexe qu’elle établit avec le judaïsme, Macula), elle se lance dans La Vie de Mardochée de Löwenfels écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002), son premier roman, qu’elle achève à la naissance de son troisième enfant.

Depuis lors, elle a publié cinq romans chez Sabine Wespieser éditeur : Raptus (2004), Les Vivants et les Ombres (2007), Les Villes de la plaine (2011), La Carte des Mendelssohn (2015), et, en 2020, Sous le ciel des hommes, tous distingués par des prix et traduits dans plusieurs pays.

Elle a aussi poursuivi son travail de traductrice, notamment de Paul Nizon (La Fourrure de la truite et le Journal, Actes Sud, 2006 ; Le Livret de l’amour. Journal 1973-1979, Actes Sud, 2007 ; Le Ramassement de soi. Récits et réflexions, Actes Sud, 2008 et Les Carnets du coursier. Journal 1990-1999, Actes Sud, 2011), de Tariq Ali (Un sultan à Palerme, 2007 et Le Livre de Saladin, 2008, chez Sabine Wespieser éditeur), de Robert Musil (La Maison enchantée, nouvelles et fragments, Desjonquères, 2010), de Stefan Zweig (Lettre d’une inconnue, Flammarion, 2013 ; Amok, Flammarion, 2013 ; Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, Flammarion, 2013 ; Le Joueur d’échecs, Flammarion, 2013 et Romans, nouvelles et récitsTomes I et II, La Pléiade, 2013), de Tezer Özlü (La Vie hors du temps, Bleu autour, 2014), de Rosamund Haden (L’amour a le goût des fraises, Sabine Wespieser éditeur, 2016) et de Barbara Zoeke (L’Heure des spécialistes, Belfond, 2020).
En 2019, elle signe un très beau texte sur le métier de traductrice : Entre les rives. Traduire, écrire dans le pluriel des langues, aux éditions La Contre Allée.

Membre de l’Association des traducteurs littéraires de France, sociétaire de la Société des gens de lettres, Diane Meur enseigne depuis 2017 dans le cadre du Centre européen de traduction littéraire.

Source : Sabine Wiespeseur éditeur

ƒuvre

La vie de MardochĂ©e de Löwenfels, Ă©crite par lui-mĂȘme

Roman
Éditions Sabine Wespieser
SÉLECTION 2003

Dans le récit haut en couleur de ses apprentissages, où se superpose, à la mélancolie narquoise du narrateur vieillissant, l’ironie tragique de l’histoire, on découvre un XIVe siècle très détaché des conventions du genre historique. Sans doute y voit-on se dérouler aventures de grand chemin, scènes de liesse et complots politiques ; sans doute y croise-t-on, parmi d’autres figures réelles ou inventées, maître Eckhart, Guillaume d’Ockam et Marsile de Padoue.


Mais toujours le pittoresque le cède à la fantaisie désinvolte de l’auteur, les truands y sont bons pères de famille, les théologiens athées, les rejetons d’empereur républicains… Sur fond de heurts et d’échanges entre les trois religions du Livre, dans un Saint Empire germanique tiraillé entre guelfes et gibelins, Mardochée, humaniste avant l’heure, relate ses errements amoureux, son initiation aux doctrines hétérodoxes, son progressif éveil à un monde violent et inique ; tandis que déjà se profile, avec la grande peste, une première catastrophe de la raison. » (4e de couverture) « Diane Meur plonge le lecteur dans un monde étrange où les chevaliers côtoient les visionnaires, décrivant le parcours initiatique d’un Mardochée qui passera d’un monde à l’autre au prix de sacrifices énormes. La langue somptueuse, empreinte d’un faux classicisme fait glisser un récit plein de rebondissements et de personnages hauts en couleur. »

(Jacques Moran, L’Humanité)