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Biographie

Fabio Machiavelli (Pisa, 1993) is a composer whose activity spans composition, performance, and instrument building.

He studied Percussion Instruments with Jonathan Faralli (MA in Percussion Instruments, 2018), and Composition with Giovanni Verrando (MA in Composition, 2022), Claudio Vaira, Fabio De Sanctis De Benedictis (BA in Composition, 2020), and others. He continued his education at the Accademia Chigiana in Siena with Salvatore Sciarrino, receiving the Diploma di Merito in 2024. He is currently a PhD student at the Conservatory of Mantua. In his artistic research, he addresses issues related to new lutherie, DIY practices as compositional processes, the construction of new instruments, and the implications these practices have in educational and academic contexts.

His practice takes shape through a growing family of self-built and augmented instruments in which acoustic bodies, sensors, transducers, and real-time processing are treated as inseparable from the act of composing, moving between notated music, performance, and installation.

Some of his works involve building autonomous electromechanical apparatuses capable of interacting with the performers, and with one another. Among these are Machines Inside Me (La ,Biennale di Venezia, 2023) and, more recently, Micro-Breath of a Blue Lung, for self-built ,electromechanical instruments, voice, and electronics, developed and premiered with Ictus in Brussels.

His music has been performed by Ictus, Input Duo, Neko3, Mdi Ensemble, Divertimento Ensemble, SpóƂdzielnia Muzyczna contemporary ensemble, Quartetto Prometeo, Ensemble Chromoson, Ensemble Multilatérale, Endkadenz Ensemble, Livorno Music Festival Chamber Ensemble, and others, and presented in festivals and seasons such as: La Biennale di Venezia, Inner Spaces,Klangspuren Schwaz, Warsaw Autumn, Transart Festival, Sacroprofanum Festival, Internationale Ferienkurse für Neue  Musik Darmstadt, Suoni Inauditi, Ma/In Festival, and others.

His music is published by SZ Sugar, Milan.

ƒuvre

Machines inside me

Pour trois instruments electro-mécaniques de lutherie expérimentale, et électroniques
Publication : SZ Sugar
SÉLECTION 2026

Œuvre nominée
pour le Tremplin Musical 2026

Machines Inside Me est une œuvre pour trois instruments électromécaniques auto-construits, deux interprètes et électronique. Chaque instrument intègre des mécanismes motorisés, des actionneurs et des éléments mobiles qui en animent les cordes, les surfaces et les corps résonants ; ce sont ces composants qui mènent une double vie, capables de générer du son par eux-mêmes, en se mouvantde façon autonome, ou d'entrer en dialogue avec l'interprète, en mettant en vibration d'autres corps et en coopérant avec son geste. Les instruments ont été conçus à partir de nécessités compositionnelles apparues au cours de la réalisation de la pièce elle-même : le besoin de gouverner d'une certaine manière l'évolution d'un son, de prolonger le geste de l'interprète dans une direction précise, d'obtenir des comportements spécifiques découlant de la nature même des appareils instrumentaux.

Les corps qui produisent le son comptent parmi les plus variés, allant des cordes aux flûtes, des tubes aux surfaces de matériaux différents, jusqu'aux languettes de métal et de bois ; un dense  réseau de microphones, de capteurs (pickups) et de microphones de contact en recueille les vibrations. Rien, pourtant, ne demeure tel quel : l'ensemble du matériau sonore est capté, retravaillé dans l'instant, et restitué par des haut-parleurs logés à l'intérieur des instruments eux-mêmes.

Chaque instrument devient ainsi, dans le même temps, source, oreille et caisse de diffusion, et le son qu'il a engendré y rentre continuellement, enfermé dans un circuit qui lie le geste mécanique à la captation et le traitement à la réémission.

Dans cette circularité, l'instrument se laisse lire à travers les catégories que Carlo Sini élabore dans L'uomo, la macchina, l'automa. Un automate est une prothèse, un prolongement qui n'exécute que ce pour quoi il a été construit, et c'est précisément pour cette raison qu'il n'est pas le simple double de l'homme, mais le signe que l'humain lui-même, dans l'histoire de son corps et de son travail, est depuis toujours un automate en marche. Les machines de Machines Inside Me se disposent le long de cette ligne sur trois niveaux. Elles sont d'abord appendice et extension du corps sonore, prothèse qui en multiplie les gestes et les possibilités. Elles sont ensuite interprète mécanique, prothèse de l'exécutant humain dont elles prolongent l'action lorsque celle-ci s'arrête et qu'elles soutiennent lorsqu'elle se poursuit. Et elles sont enfin, dans leur ensemble, prothèse de la pensée compositionnelle qui les a imaginées : un appareil où l'écriture ne reste pas extérieure aux instruments mais se dépose dans leur mécanique même, et où composer finit par coïncider avec la construction du dispositif qui rend cette pensée audible.

Pendant l'exécution, machines et interprètes travaillent sur le même matériau, sans qu'aucune hiérarchie ne se fixe entre eux, et peu à peu la frontière entre jouer et contrôler s'amincit, et avec elle celle entre l'initiative de l'homme et celle de l'instrument, dans un rapport fait autant d'entente que de résistance. Ce sont les interprètes qui ouvrent la pièce, présents dès le premier instant ; de là, le temps procède par alternance, entre des moments de collaboration, des moments où les exécutants restent seuls à porter le discours, et des moments où ce sont les machines qui poursuivent d'elles- mêmes. Ce n'est que vers la fin que ce jeu de présences trouve son apaisement : les instrumentistes déploient un tapis sonore mince et continu, sur lequel affleurent les derniers souffles des  machines— les sons nus de leurs composants électromécaniques, laissés émerger pour ce qu'ils sont tandis que l'œuvre s'éteint lentement.