Pascal DUSAPIN
(1955 - Français)
Sélection Prix de Composition Musicale 2010
Uncut - Editions Universal Music
Orchestre
(Nancy 1955)
Pascal Dusapin fait ses études d’arts plastiques et de sciences, arts et esthétique à l’Université de Paris-Sorbonne.
Entre 1974 et 1978 il suit les séminaires de Iannis Xenakis ; 1981-1983 il devient boursier de la Villa Médicis à Rome.
Il reçoit de très nombreuses distinctions dès le début de sa carrière de compositeur. Parmi elles, en 1994 le Prix Symphonique de la SACEM, en 1995, le Ministère de la Culture lui décerne le Grand Prix National de Musique et en 1998 le Grand Prix de la Ville de Paris. En 2005, il obtient le prix Cino del Duca remis par l’Académie des Beaux-Arts. Il est Commandeur des Arts & Lettres. Il est élu à la Bayerische Akademie der Schönen Künste de Munich en juillet 2006.
En 2006 il est nommé professeur au Collège de France à la chaire de création artistique.
En 2007, il est lauréat du Prix International Dan David, un prix international d’excellence récompensant les travaux scientifiques et artistiques et qu’il partage avec Zubin Metha pour la musique contemporaine.
Il est l’auteur de nombreuses pièces pour solistes, musique de chambre, grand orchestre et opéras.
Le 24 septembre 2008 Bernard Foccroulle a créé au Festival Musica de Strasbourg, la pièce pour orgue, Memory (hommage crypté et monomodal à Ray Manzarek).
Son Solo n° 7 pour grand orchestre intitulé Uncut (2008) a été créé le 27 mars 2009 à la Cité de la Musique (Paris) par l'Orchestre Philharmonique de Liège placé sous la direction de Pascal Rophé à l’occasion du concert de l’intégrale des 7 solos pour orchestre : Go, Extenso, Apex, Clam, Exeo, Reverso, Uncut. (L’intégrale des solos pour orchestre est parue chez Naïve en mars 2010)
Il inscrit également à son catalogue deux nouveaux quatuors, le Quatuor VI “Hinterland” (hapax pour quatuor à cordes et orchestre) (2008-2009) qui a été créé le 28 avril 2010 à Lucerne et le Quatuor VII “OpenTime” (2009) qui a été créé le 16 janvier 2010 par le Arditti String Quartet à la Cité de la Musique de Paris.
Il inscrit également à ce jour six opéras à son catalogue :
- Roméo & Juliette (1985-88) – Création 1989 à l’opéra de Montpellier
- Medeamaterial (1991) – Création 1992 à l’opéra de la Monnaie de Bruxelles
- To be sung (1992-93) – Création 1994 à Nanterre/Amandiers sur une scénographie lumineuse de James Turrel
- Perelà, uomo di fumo (2002) commande de l'Opéra National de Paris - Création à l'Opéra Bastille le 24 février 2003 sous la direction de James Conlon et mis en scène par Peter Mussbach. (Prix 2003 du syndicat de la critique)
- Faustus, The Last Night – Création le 21 janvier 2006 au Deutsche Staatsoper de Berlin (Unter den Linden). Reprises en mars à Lyon et en novembre 2006 au Théâtre du Châtelet à Paris. Cet opéra a été créé aux USA le 27 mai 2007 dans le cadre du Spoleto Festival USA à Charleston (SC) sous la direction de John Kennedy, mise en scène de David Herskovits.
- Passion – Création le 29 juin 2008 au Festival d’Aix en Provence (Théâtre du Jeu de Paume) par l’Ensemble Modern Frankfurt sous la direction de Franck Ollu. De nombreuses reprises ont été programmées, septembre 2008 au Festival Musica de Strasbourg, janvier 2009 à Rouen, avril 2009 à Paris (Cité de la Musique), juin 2009 à Amsterdam et janvier 2010 au Luxembourg.
Les œuvres de Pascal Dusapin sont publiées par les Éditions Salabert (Universal Music Publishing Classical) www.durand-salabert-eschig.com.
(mai 2010)
NOTICE
Le Solo n°7 porte un titre en anglais difficilement traduisible mais qui sert à toutes sortes d’expressions pour indiquer que rien n’est limité. J’aime ce mot pour sa force de suggestion conceptuelle car il désigne un mouvement plus qu’une résolution.
A ce point, la composition comportait néanmoins un problème (en général, je préfère les questions…). Comment rompre le flux sans donner l’illusion de finir ? Il ne s’agissait pas de finir car rien n’est jamais terminé ni même ne se termine. Et pourtant, Uncut va éjecter l’intégralité des sources sur lesquelles s’était fondé le cycle entier. Comme dans la technique de variation, tous les motifs musicaux sont rassemblés sous d’autres agencements, puis compactés et rendus méconnaissables. Les six cors de l’orchestre amorcent alla fanfara cette partition dont le dessein semble celui de briser un mur. Les modes mélodiques des six solos précédents traversent et zèbrent l’espace entier d’Uncut. Les percussions uniquement métalliques – cloches, glockenspiel, crotales, tams, gongs – soulignent et pointent chaque croisée de la trame harmonique en traits âpres et cinglants. Tout est vertical, aucun déploiement mélodique ne parvient à franchir la construction édifiée. A l’inverse de Reverso qui est composé dans la géographie de l’orchestre, un peu comme une photographie qui donnerait à voir tous les détails du premier plan au plus éloigné, Uncut est une musique où il n’existe quasiment aucune profondeur de champ sonore.
Tout y est projeté de face, sans lointain. Et alors que les six premiers solos se dissolvent dans la douceur comme si la musique désirait s’enfouir afin de ressurgir dans le solo suivant, Uncut est une pièce courte et intense, traitée d’un seul bloc et qui conclue férocement. Avec elle, la forme du Cycle des 7 formes se clôt et se découvre : la fin est nette, mais tout peut continuer…
Pascal Dusapin (1er mars 2009)





