Isabel MUNDRY
(1963 - Allemand)
Sélection Prix de Composition Musicale 2007
Nocturno -
pour ensemble et orchestre
Née en 1963 à Schlüchtern, dans la Hesse, Isabel Mundry grandit à Berlin où elle commence des études de composition à la Hochschule der Künste, dans les classes de Franck-Michael Beyer et Gösta Neuwirth. Elle suit aussi les cours de musique électronique au studio de la Technische Universität de Berlin ainsi que les matières musicologie, histoire de l’art et philosophie (1983-1991).
Entre 1991 et 1994, Isabel Mundry fait des études complémentaires auprès de Hans Zender à Francfort, séjourne à Paris en tant que boursière à la Cité des Arts puis à l’IRCAM dans le cadre d’un stage d’informatique et de composition d’un an. Depuis 1996 elle est professeur de composition à la Musikhochschule de Francfort ; depuis 1997, chargée de cours dans le cadre du Festival Akiyoshidai (Japon) et depuis 1998, chargée de cours de composition dans le cadre des cours d’été de Darmstadt.
Isabel Mundry a remporté de nombreux prix et bourses : entre autres, la bourse de composition du Berliner Senat, le Prix de composition de la ville de Berlin, le Prix Boris Blacher, le « Kranichsteiner Musikpreis »...
Les oeuvres de la compositrice accordent une place prépondérante aux notions de temps et d’espace. Elle s’est attachée plus particulièrement aux aspects temporels qui s’étendent, dans sa création, « de la polyphonie de Dufay jusqu’à l’idée de temps libre développée par Cage, en passant par l’écoulement temporel de Debussy. A cela viennent bien sûr s’ajouter les impulsions extramusicales, surtout de domaines tels que le cinéma, les arts figuratifs et la littérature ».
Isabel Mundry attribue à l’art la capacité de donner forme à des connaissances abstraites. Dans ses oeuvres, cela se fait notamment sous la forme de structures polyphoniques, telle sa pièce pour orchestre Le Silence - Tystnaden (1993) qui oppose trois modèles sonores différents : impulsions fortement accentuées, formes mélodiques et plans sonores. Très rigides au début, les frontières s’estompent et les divers types commencent à se ressembler. Mais le résultat de ce débat imaginaire reste indéterminé. Mundry souhaitant mettre en exergue l’expérience de l’absence de résolution.
Dans son quatuor à cordes, No one (aucun ; 1994/1995) elle travaille sur l’idée de possibilité/impossibilité de réunir les contraires en développant des impulsions de manière totalement différente et crée ainsi « une confusion babylonienne du langage ». A aucun moment, dans ce quatuor, la mesure n’est fixée de manière homogène, ainsi naît une « polyphonie des différentes durées ».
Dans Spiegel Bilder (Miroir Image, 1996), pour clarinette et accordéon, Isabel Mundry se livre à des expériences sur le phénomène de reflet. Dans cette musique, chaque « miroir » fabrique une nouvelle « image » favorisant les ambivalences les plus diverses tout en multipliant les perspectives.
Depuis 1998, Isabel Mundry travaille plus particulièrement sur l’aspect spatial de la musique : Flugsand (1998) pour orchestre, Geträumte Räume (1999) pour 4 trompettes, Traces des moments (2000) pour clarinette, accordéon et trio à cordes, Ferne nähe (2001), oeuvre pour quatuor à cordes et orchestre spatialisé réparti en cinq groupes, Gefalteter Augenblick (2002), oeuvre pour orchestre.
Dans ces oeuvres, l’espace n’est pas un élément stable, constant. Il est continuellement recréé grâce à l’étagement des lignes polyphoniques mais aussi à différents degrés de présence des instruments.
Avec Ein Atemzug – die Odyssee (2005), qui inclue 2 pièces pour orchestre que la compositrice avait écrites en 2003 - Gefaltete Zeit et Penelopes Atem - Isabel Mundry élargit son travail sur la spatialisation de la musique au théâtre musical ou théâtre lyrique (Musiktheater).
NOTICE
Nocturno, pièce pour orchestre, a été créée le 16 février 2006 à Chicago par le Chicago Symphony Orchestra placé sous la direction de Daniel Barenboim.
« Comme les concertos pour Mozart, le piquant mais atmosphérique « Nocturno » de Mundry requiert relativement peu de forces. L’orchestre a largement été divisé sur scène, avec un groupe de sept instruments solo en incluant un piano placé tout à droite du podium de Barenboim. Les musiciens qui restent, groupés en deux petits ensembles, sont regroupés bien derrière à la gauche du podium.
« Nocturno » explore le rapport silence/son mais Barenboim a bâti l’élan périodique comme un long geste « accoustique ». Les cordes oscillent entre « aboiements tendus » et un son nauséeux ; les percussions entre clameur et bruissement apaisant. L’énergie croît et décroît mais une étrange impression d’attente rempli l’air. »
(Traduction faite à partir d’un article de Wynne Delacoma dans le Chicago Sun-Times)
Durée : environ 14 minutes





