Marco MOMI

(1978 - Italien)

Sélection Prix de Composition Musicale 2007

Les mots -

pour ensemble amplifié et voix

Spaventi, Lucia Passaglia, Antonio Ballista et Francesco Pepicelli au Conservatoire de Perugia. En 2000, il réussit son diplôme avec la mention d’honneur. Cette même année, il reçoit la bourse d’études « Premio Rotary » et commence une carrière de soliste accompagné par l’Orchestre Symphonique de Perugia. Parallèlement, il étudie la direction d’orchestre avec Ennio Nicotra (1999-2003).


A partir de 2000, Marco Momi se consacre principalement à l’étude de la composition avec Fabio Cifariello puis, à partir de 2003, avec Ivan Fedele au CNR de Strasbourg. A partir de 2005, il étudie avec Clarence Barlow, Matijn Padding et Richard Ayres au Royal Conservatoire of The Hague. Il participe aux Internationale Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt et suit les masterclasses de Brice Pauset, Helmut Lachenmann et Stefano Gervasoni.

Depuis 2007, il poursuit des études d’informatique musicale à l’Ircam.

Marco Momi écrit sa première pièce en 2001, Ex Cherub, pour violon solo. Son catalogue compte actuellement une quinzaine de pièces pour instruments solos (Aphorismen über wachet auf pour orgue, 2005 ; Reflexion II pour bande, 2006 ; Tre nudi pour piano, 2007) ou ensemble (Hox on Beckett pour violon, alto, hautbois et clarinette basse, 2003 ; Affordances pour quatuor de saxophone, 2004…).
Marco Momi fait partie de cette nouvelle génération de compositeurs italiens qui considère comme central le rôle de la recherche et qui croit que la musique est un langage. Il base son propre parcours esthétique sur la recontextualisation du phénomène musical nécessaire à la création de nouveaux signifiants.

Loin d’une approche spéculative, il recherche des solutions fonctionnelles à une nouvelle « écologie » du son, où les divers éléments mimétiques, les registres linguistiques et les ambiances acoustiques concourent à rendre mémorable l’expérience de l’écoute.

NOTICE

Les mots, oeuvre pour ensemble amplifié et voix, a été créée le 5 septembre 2006 à Amsterdam par l’ensemble ASKO et Monique Krus (soprano) sous la direction de Bas Wiegers.

« Les mots sont nés à partir d’un texte du sculpteur Alberto Giacometti. Il ne s’agit pas d’un texte conçu pour une publication mais au contraire d’un élan littéraire, d’une vision inscrite sur des feuilles éparses ou sur les murs de son atelier. Cette lecture m’a transporté. Ces paroles, pour moi, ont la force de la nécessité.

J’ai cherché à m’attacher au texte à travers l’utilisation d’un « madrigalismo allargato », me référant plus au champ sémantique qu’au mot à mot d’où la forme tripartite de cette pièce (…) J’ai travaillé sur la dialectique des éléments plus ou moins connotés de la langue commune contemporaine pour créer les ambiances sonores : mouvements en spirale, sons métalliques, détails poussés jusqu’au pointillisme et pulsations élémentaires, primordiales. J’ai cherché, en définitive à recréer le voyage mental de Giacometti, qui pour moi a une forte sensation de déjà vécu ; un moment onirique et sincère qui a le sens d’une pulsion humaine. » (Marco Momi)

« Je ne veux m’engager dans rien tenir les mains toujours complètement libres dans l’air,
n’entrer dans aucune écorce, ne toucher à rien du moins directement, que les choses viennent avec les pieds muets, d’elles-mêmes elles entrent sans que j’entende aucun éclat de porte qui s’ouvre et se ferme, aucune ligne droite, aucune blessure, je ne toucherai pas. Constater sans en tirer aucune règle, ne porter aucun jugement, de très loin, de très loin le temps se décompose dans l’espace avec un ralenti effroyable, tout bouge à peine, continuellement, se transforme dans une lenteur toute debout, même les cataclysmes, même l’éruption d’un volcan à peine perceptible.

Mais l’ondée qui m’envahit sur le ventre d’une femme et qui me serre la gorge, mais avec une douceur infinie. »

Alberto Giacommetti (1933/34)
 

Durée : environ 11 minutes