Philippe HERSANT

(1948 - Français)

Sélection Prix de Composition Musicale 2007

7 poèmes d'Emilie Dickinson -

pour choeur à voix égales et piano

Compositeur français né en 1948 à Rome, Philippe Hersant étudie la composition avec André Jolivet au CNSM de Paris, où il a obtenu le prix d'écriture, tout en poursuivant des études littéraires.


En 1970, il remporte le Prix Nadia Boulanger et se rend à la Casa Velasquez de Madrid au titre de boursier, puis en 1978, à la Villa Médicis à Rome. Il est lauréat du Prix Georges Enesco en 1982 et du Prix de la meilleure création contemporaine décerné par la SACEM en 1986 pour son premier Quatuor à cordes.


Puis il reçoit, entre autres, le Grand Prix Musical de la Ville de Paris en 1990, le Prix Arthur
Honegger 1994 pour son Concerto pour violoncelle & orchestre de chambre, le Prix des Nouveaux Talents de la S.A.C.D. 1994 pour son opéra Le Château des Carpathes, qui lui a également valu, cette même année, deux nominations aux Victoires de la Musique, le Prix de la Nouvelle Académie du Disque et le Prix du Syndicat de la Critique Musicale et Dramatique. En 1998, il obtient le Grand Prix SACEM de la musique symphonique et en 2005 il est élu compositeur de l’année aux Victoires de la Musique classique.


Son catalogue comprend une trentaine de pièces pour orchestre, musique vocale, musique de chambre et instrumentale, dont la majeure partie a fait l'objet de commandes. Parmi ses oeuvres, citons Meandres (1981) pour violon et orchestre, Missa brevis (1986) pour 12 voix et orchestre, Pavane (1987) pour alto, Nachtgesang (1988) pour piano, clarinette, violon et violoncelle, Melancholia (1989) pour contrebasse, Elégie (1990) pour quatuor à cordes…


Après le succès de son opéra Le Château des Carpathes (1989-91) la voix devient le centre des préoccupations du compositeur ; il écrit successivement un cycle de mélodies sur des poèmes de Hölderlin, Lebenslauf (1992), une oeuvre pour choeur a cappella sur un poème de Leopardi, l'Infinito (1993) et le Psaume 130 (1994) pour six voix, orgue et viole de gambe.


Comme pour Schumann, il semblerait que Philippe Hersant épuise toutes les ressources d'un genre avant d'en aborder un autre. La période suivante marquera un goût nouveau pour les pièces aphoristiques : Onze caprices pour deux violons (1994), Huit pièces pour basson et ensemble instrumental (1995), Cinq miniatures pour flûte alto (1995)... toutes ces pièces ayant en commun la brièveté de la forme et un souci de recherche instrumentale (recherche de timbres, de sonorités nouvelles, de nouveaux modes de jeu et d'attaque). A la fin des années 90, il se consacrera à l’orchestre et sera invité comme compositeur en résidence auprès de l'Orchestre National de Lyon, à partir de septembre 1998.


Les années 2000 marquent un retour à la voix avec Illuminations, pour 4 cors et 8 voix d’hommes, sur des poèmes de Rimbaud, Stabat Mater (2002) pour 10 voix et viole de gambe, Der Wanderer (2002) pour choeur d’homme et orchestre de chambre ou piano, Poèmes chinois (2002) pour choeur de chambre et piano, Il était une feuille (2004) pour baryton et piano sur un poème de Desnos…et un nouvel opéra, Le moine noir (2003-2005).


La musique de Philippe Hersant est une synthèse entre tradition et modernité : puisant dans le riche réservoir du passé, il le reformule avec expressivité dans un langage d'aujourd'hui. Sa musique se situe dans la lignée de musiciens tels que Berg, Janacek, Bartok, mais elle est aussi héritière de Debussy, Dutilleux ou Ohana pour ses orchestrations subtiles, ses climats poétiques, ses rêveries introspectives.

NOTICE

L’oeuvre pour choeur à voix égales et piano, Sept poèmes d’Emily Dickinson, commande de Radio France, a été créée le 20 juin 2006 à Paris.


« Dans ses Leçons américaines, Italo Calvino distinguait « deux vocations opposées se disputant à travers les siècles le domaine de la littérature : l’une tendant à faire du langage un élément dépourvu de poids, flottant sur les choses comme un nuage (…) ; l’autre tendant à communiquer au langage le poids, l’épaisseur, la concrétude des choses, des corps, des sensations. » Il voyait en Emily Dickinson une adepte de la première voie, elle qui pratiquait cet « allégement du langage au terme duquel les signifiés, circulant sur un tissu verbal presque impondérable, prennent une consistance tout aussi raréfiée. »


Un « allègement du langage » : voilà précisément à quoi j’aspirais après les deux années que j’avais consacrées à mon opéra Le moine noir. C’est pourquoi, lorsque la maîtrise de Radio France m’a demandé d’écrire une oeuvre pour célébrer son soixantième anniversaire, je me suisspontanément tourné vers les brefs quatrains d’Emily Dickinson.


Wise Orion, le troisième des Sept poèmes, est celui qui parvient le mieux à cette « consistance raréfiée » dont parle Calvino. Mais, qu’ils évoquent un carillon (le premier), une comptine (ledeuxième et le cinquième), ou un hymne (le dernier) tous sont brefs, simples et fragiles, Ils sont destinés, dans mon esprit, à être chantés par de très jeunes enfants.


Les sept poèmes d’Emily Dickinson m’ont été commandés par Radio France et sont dédiés à Toni Ramon. » (Philippe Hersant)


Durée : environ 11 minutes