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Sélection 2012
Ecrivain, dramaturge, polémiste et éditeur québécois, Victor-Lévy Beaulieu est né en 1945. Après avoir été chroniqueur à l’hebdomadaire Perspectives dans les années 1960 et 1970, il devient journaliste pour plusieurs quotidiens. De 1972 à 1978, il enseigne la Littérature à l’Ecole nationale de théâtre du Canada et écrit de nombreux textes diffusés à la radio ainsi que des téléromans qui connaissent un franc succès au Québec. Très actif dans le domaine de l’édition, il fonde les Editions de l’Aurore en 1973, les Editions VLB en 1976 et, en 1995, les Editions Trois-Pistoles, qu’il dirige toujours.
Il a reçu de nombreux prix, dont le Prix du Gouverneur général du Canada en 1974 et les prix Duvernay et Arthur-Buies pour l'ensemble de son œuvre. En 2001, le prix Athanase-David venait couronner sa carrière littéraire.
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En 1968, Victor-Lévy Beaulieu publie son premier roman Mémoires d’outre-tonneau qui sera suivi par une longue suite de romans tels que La nuite de Malcomm Hudd (1969), Jos Connaissant (1970), Les Grands Pères (1971), Un rêve québécois (1972), Oh Miami Miami Miami (1973), Don Quichotte de la démanche (1974), N’évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel (1976). Il poursuit son important travail romanesque dans les années 1980 et 1990 avec notamment Una (1980), Satan Belhumeur (1981), Moi Pierre Leroy, prophète, martyr et un peu fêlé du chaudron (1982), Steven le Hérault (1985) et L’héritage en deux tomes (1987 et 1991).
L’œuvre colossale de Victor-Lévy Beaulieu s’accroît chaque année de nouveaux titres dans des formes d’écriture aussi diverses que le roman, le texte dramatique, l’essai polémique, la chronique et même la poésie.
L’auteur est en effet particulièrement reconnu pour le grand nombre d’essais qu’il a écrits sur des personnages littéraires tels que Pour saluer Victor Hugo (1971), Jack Kérouac (1972), Monsieur Melville (1978), Docteur Ferron (1991), Seigneur Léon Tolstoï (1992), Monsieur de Voltaire (1994), James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots (2006), Se déprendre de soi-même : Dans les environs de Michel Foucault (2008).
En 2008 paraît son 70ème titre, La Grande Tribu. C’est la faute à Papineau, son « maître-ouvrage » dont il avait annoncé la publication 35 ans auparavant.
Dans ce roman, qualifié de grotesquerie, « Habaquq Cauchon, en fouillant dans son passé, découvre que ses ancêtres, avant leur venue en Kebek, étaient pour moitié hommes et pour moitié cochons, et que leur côté grotesque en a fait des hors-la-loi, des rebelles et des insoumis. Après quatre cents ans dans le Nouveau Monde, que reste-t-il du corps et de la tête de cochon qu'on avait à l'origine ? Et ce corps-là et cette tête-là de cochon peuvent-ils non seulement résister à toutes les répressions politiques, culturelles et sociales qu'on leur inflige, mais se renforcer au point de faire venir la révolution et de la porter jusqu'à la fraternité, l'égalité et la liberté ?
En interrogeant quelques-uns des grands libérateurs du XIXe siècle en ayant pour compagnon ce gigantesque orignal épormyable que fut le poète Claude Gauvreau, Habaquq Cauchon se forge une identité telle qu'elle en devient souveraine à jamais par toute l'indépendance qui la porte enfin. » (présentation de l’éditeur)
En 2009, Victor-Lévy Beaulieu publie Bibi, un roman d’un genre un peu particulier qu’il appelle autoroman.
« Dans son enfance, le narrateur a contracté la poliomyélite. Il vit au Gabon, depuis près de trois ans, pour y retrouver les indices que lui a laissés Judith, son premier amour, afin qu’il la retrouve dans un jeu de piste mondial qui l’a mené du Québec à l’Afrique centrale en passant par l’île de Pâques. Après une vie de silence, après l’avoir abandonné tout jeune homme, Judith a repris contact avec lui.
Pourquoi elle ne vient pas aux rendez-vous qu’elle lui fixe de pays en pays, il n’en sait rien. Il persiste à vouloir aller jusqu’au bout d’un voyage qui serait éprouvant, même pour quelqu’un qui ne serait pas infirme. Cette fois-ci, c’est la dernière étape. Tout au moins il le croit, et que Judith se montrera. Il l’attend dans un hôtel de Libreville, vidant verre de whisky sur verre de whisky.
Et c’est à Libreville qu’il fait la rencontre de… Calixthe Béyala, une Camerounaise s’occupant d’enfants nécessiteux (rien à voir avec une romancière connue) et qui anime une petite librairie. Au moment où une intimité s’installe entre ces deux solitaires, Judith refait surface : elle donne rendez-vous à son ancien amant en Ethiopie, dans la vallée de l’Omo, berceau de l’Humanité. Le narrateur doit aller jusqu’au bout de son voyage, vers ce commencement de l’Histoire qui sera peut-être la conclusion de la sienne, pour enfin comprendre la femme en forme de devinette qui a marqué sa vie.
Jeux typographiques, histoire dans l’Histoire, cacophonies, jouissance du texte et de l’histoire, un livre-monde, résumé et apothéose d’une œuvre, dans la lignée de Sterne et de Joyce. » (présentation de l’éditeur)
En 2011, avec Antiterre, « Victor-Lévy Beaulieu met fin aux travaux d'Hercule tels qu'il les annonçait en 1973 : Antiterre est la conclusion de «La vraie saga des Beauchemin» commencée avec Monsieur Melville, poursuivie avec James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, La grande tribu et Bibi. Au terme de cette longue traversée du désert québécois qui a porté Abel Beauchemin de Trois-Pistoles jusqu'aux rives du Gabon et aux confins de l'Éthiopie, reste-t-il encore un rêve possible, un avenir faiseur de grandes réalités ? » (présentation de l’éditeur)
Après avoir été professeur de Lettres, René de Ceccatty, né en 1952, devient conseiller littéraire aux éditions Denoël, puis chez Gallimard. Membre du comité de lecture du Seuil, il collabore régulièrement au Monde des Livres et tient une chronique littéraire dans le quotidien romain Il Messagero. Il est également traducteur d’auteurs italiens et japonais. Au théâtre, René de Ceccatty a notamment travaillé avec le metteur en scène Alfredo Arias.
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Le thème récurrent dans les romans de Ceccatty, l’homosexualité, donne à son œuvre des accents autobiographiques (Personnes et personnages, 1979 ; Esther, 1982 ; L’étoile rubis, 1990 ; L’Or et la poussière, 1986 (Prix Valery Larbaud) et La sentinelle du rêve (1988).
Dans Le Diable est un pur hasard (1992), « Si ressemblant soit-il avec l’homme secret que nous connaissons, le narrateur de ce recueil n’en est qu’une image, un double fantasmé, mêlant les éléments vécus à la méditation sur les hasards troublants qui ont gouverné son existence. Car l’auteur nous prévient qu’il n’est qu’un comédien docile que le diable tire par la main. » (Anne Pons, L’Express, 25 mars 1993)
En 1994, il publie L’Accompagnement, en hommage à un ami mourant du sida. Dans les derniers jours, il m’a dit, lui qui était écrivain, qu’il n’avait pas eu la force de décrire ce qu’il vivait et que personne encore n’avait pu décrire cette lutte contre la mort à l’hôpital. Il m’a dit qu’un autre ami écrivain – lui aussi très présent à ses côtés pendant toute la maladie – et moi, nous en savions désormais assez pour décrire ce que nous avions vu. C’était un appel.
En 1996, il entame un cycle autobiographique consacré à son ancien compagnon, Hervé, décédé en 2002. Aimer (1996), Consolation provisoire (1998), L’Eloignement (2000) et Une fin (2004) forment une tétralogie dans laquelle « René de Ceccatty affirme une violence contradictoire entre bonheur et passion, mais ne la condamne pas pour autant. La souffrance d’aimer est une constante de son œuvre. » (Le Monde des Livres, 11 février 2000)
Dans Fiction douce (2002), « un écrivain rencontre deux très vieux romanciers, écrit une pièce de théâtre pour une célèbre comédienne, voyage en Amérique du Sud, se souvient de son enfance et d’une passion impossible, rencontre un chauffeur de taxi troublant et croise la mort, à travers un ami qui disparaît avec une élégante brutalité. Tout se déroule dans la solitude, au volant, sous la pluie. » (présentation de l’éditeur)
En 2005, l’auteur revisite son thème de prédilection avec Le Mot amour. « On ne parle plus d’amour de cette façon-là. Ici, point de descriptions physiques détaillées, ou de paroles crues. Mais uniquement des mots, des dialogues d’une infinie beauté, où il est pourtant souvent question du malheur d’aimer. […] On sent que René de Ceccatty est obsédé par le sentiment d’aimer, et ses variations […] Ne dit-il pas de l’amour qu’il possède ce pouvoir de donner vie et mort, les deux parfois se confondant ? » (Mohammed Aïssaoui, Le Figaro, 22 décembre 2005)
« Le point de départ de L’Hôte invisible [2007] est un tableau, intitulé La Famille Moscon et peint au XIXème siècle par un contemporain d’Ingres, Josef Tominz. Ce tableau, en apparence conventionnel, représente trois femmes qui prennent le thé sur une terrasse ouverte, donnant sur un jardin. Deux d’entre elles regardent quelqu’un ou quelque chose qui se trouve près du chevalet du peintre, et qui pourrait être cet hôte invisible. René de Ceccatty utilise l’énigme du tableau – quel est cet hôte invisible qui vient troubler la quiétude d’une famille ? – en motif qui lui permet d’analyser sa propre vie. » (présentation de l’éditeur)
Avec Un père (2007) « René de Ceccatty franchit une nouvelle étape dans son travail de confession autobiographique ; [il] raconte ici sa rencontre, puis sa relativement brève relation avec un père, comme il le désigne, un homme marié, avec deux enfants. Peu à peu, il découvre les mensonges de cet homme, plein de duplicité, pervers et manipulateur, qui vit entre déni de son homosexualité et collection d’aventures avec hommes et femmes. […] A travers le portrait de cet homme à la sexualité débridée, René de Ceccatty se repose la question des choix sexuels et s’interroge sur l’homosexualité avec intelligence et sagacité, dans un style net et sobre. » (présentation de l’éditeur)
En janvier 2010, il signe une biographie de l’écrivain italien Alberto Moravia. « Dans sa complète et audacieuse biographie qu’il lui consacre, René de Ceccatty avoue qu’il n’est pas simple d’écrire l’histoire d’un homme – un écrivain – qui a toujours professé sa détestation du passé. Mais, plus encore, le problème véritable, c’est ce mélange d’extrême vitalité et de mélancolie qui caractérisait l’homme et l’écrivain. […] René de Ceccatty ne s’est pas découragé devant ce mélange si particulier de mélancolie et de vitalité : il l’a défié. » (Elisabetta Rasy, Le Monde des Livres, 19 février 2010)
Noir souci (2011) est un « essai biographique [qui] examine la relation platonique que Léopoardi a entretenu à la fin de sa vie avec le jeune Antonio Ranieri. Vieux et malade, l'écrivain italien se réfugie à Naples avec Antonio, grand séducteur de femmes. » (présentation de l’éditeur)
Avec Raphaël et Raphaël (Flammarion, mars 2012), il poursuit sur son thème de prédilection : « L’amour, chez cet auteur qui lui a consacré de beaux et nombreux livres, est toujours impossible, torturant, l’amour d’un homosexuel pour un homme qui veut être aimé de lui mais préfère les femmes. Avant l’ère Raphaël, cinq romans ont été consacrés à un rêve nommé Hervé, depuis Aimer (1996). Mais faut-il parler de roman ? Non, répond l’auteur, qui consacre des pages superbes de Raphaël et Raphaël à cette énergique dénégation : il n’est pas un écrivain de fiction. Le mot transposition m’agace : le résultat du labeur romanesque m’accable d’ennui par anticipation. » (Claire Devarrieux, Libération, 29 mars 2012)
Né en Haïti en 1936, Frankétienne est poète, dramaturge, peintre, mais aussi musicien, chanteur et enseignant. Sous les dictatures des Duvalier, alors que de nombreux intellectuels haïtiens quittent le pays pour le Canada, la France ou l'Afrique, Frankétienne décide de rester en Haïti. Ses œuvres sont donc ancrées dans l'histoire contemporaine haïtienne. En 2010, il est fait Commandeur des Arts et des Lettres.
Frankétienne est notamment reconnu pour son importante œuvre poétique dont on peut citer les recueils Au Fil du temps (1964) ; La Marche (1964) ; Mon côté gauche (1965) ; Chevaux de l'avant-jour (1965) et Œuf de lumière / Huevo de luz (2000)
Son ouvrage Mûr à crever (1968) « se présente comme une clef d'accès au mouvement spiraliste créé par l’auteur ; sa lecture est pertinente avant d'entamer les autres œuvres de cet auteur majeur. » (Mot de l’éditeur)
Selon Frankétienne, « La spirale représente un genre nouveau qui permet de traduire les palpitations du monde moderne. L'œuvre spirale est constamment en mouvement. C'est ce qui explique en partie cette suite de ruptures dans le développement du texte. D'ailleurs, il n'est nullement nécessaire de construire l'œuvre à partir d'un sujet précis. Écrire devient dès lors une véritable aventure, celle d'un récit multipolaire où chaque mot, jouant le rôle de déclic, est susceptible de se transformer en noyau prêt à se désagréger pour donner naissance à d'autres entités verbales. En ce sens, la spirale est fondamentalement une œuvre ouverte, jamais achevée. La spirale est une tentative de saisir le réel dans la diversité de ses aspects. »
Paru en 1972, Ultravocal « est la matrice de toute l'œuvre de Frankétienne, dans laquelle s'exprime avec une rare intensité l'esthétique du chaos, lorsque grondent encore les forces premières du mal, et que prend forme en nous la lave en fusion des grandes mythologies. Tout simplement, un chef-d'œuvre. » (présentation de l’éditeur)
« On sort profondément ébranlé de la lecture d'Ultravocal, mesurant enfin ce que signifie cette profession de foi que le géant haïtien brandit comme une carte d'identité: «J'écris, donc j'existe.» Frankétienne est une force qui va, un homme debout qui refuse de s'abandonner aux capitulations de l'intelligence, à ces abdications de soi, tous ces renoncements minuscules qui forgent les bonnes consciences et qui font les médiocres littératures. » (François Busnel, Lire, 1er juin 2004)
Dans le genre total de la spirale, il publie de très nombreux ouvrages : Zagolkoray (1983) ; Fleurs d'insomnie (1986) ; Adjanoumelezo (1987) ; Voix marassas (1998) ; La nocturne connivence des corps inverses (1996) ; D'une bouche ovale (1996) ; La méduse orpheline (1996) ; Une étrange cathédrale dans la graisse des ténèbres (1996) ; Clavier de sel et d'ombre (1997) ; Les échos de l'abîme (1997) ; Et la voyance explose (1997) ; Rapjazz, journal d'un paria (1999) ; H'Eros chimères (2002) ; Miraculeuse (2003) ; Galaxie Chaos-Babel (2006) ; La Diluvienne (2006) ; Heures brèves (2007) ; Le Sphinx en feu d'énigmes (2007) ; Corps sans repères (2007) ; Amours, délices et orgues (2008).
En 1975, Frankétienne publie son premier roman en créole paysan : Dézafi. Quatre ans plus tard, il en propose une traduction française, Les Affres d'un défi qui constitue en réalité une véritable réécriture de ce texte fondateur de la littérature haïtienne.
En 1998, il poursuit dans le genre romanesque avec les huit tomes des Métamorphoses de l'Oiseau schizophone. « L'Oiseau schizophone (néologisme), c'est l'artiste avec sa voix coupée, avec un langage qui au premier abord est rupture avec le langage courant, mais, au fond, quand, dans la vie quotidienne, on se rend compte de la « langue de bois » et de la déperdition des mots, de cette pollution au niveau des discours, n'est-ce pas plutôt ce langage tout à fait étrange fait de sonorités, de néologismes inconcevables dans leur outrance qui est le seul apte à renvoyer ce « chaos » dans lequel nous nous trouvons ? C'est drôle qu'il y ait une affinité, une parenté entre le chaos et le vide ; notons que le vide n'existe pas, qu'on ne peut concevoir la vacuité nulle part. Dès lors, cette langue est en situation de chaos, de vide idéologique, sentimental. Haïti n'est d'ailleurs pas le seul pays en crise ; Haïti est une référence du monde, une image agrandie du malaise mondial. […] » (entretien avec Anne Marty, « Haïti en littérature », Paris : La Flèche du Temps / Maisonneuve & Larose, 2000)
Anthologie secrète (2005) est « Un livre étrange et libre, qui rassemble entretiens, photos, textes divers, documents d’archives et inédits de l’auteur haïtien le plus mystérieux, le plus fou et le plus libre. Auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages en tous genres : roman, poésie, théâtre, Frankétienne est aujourd’hui une des plus grandes figures de la littérature des Caraïbes. » (présentation de l’éditeur)
Melovivi ou Le piège suivi de Brèche ardente (2010) « Aux premiers jours de décembre 2009, Frankétienne met le point final à sa nouvelle pièce de théâtre, Melovivi ou Le Piège. Didascalie : "Deux individus, A et B, sont enfermés, prisonniers dans un espace délabré, dévasté, sans issue, à la suite d'un drame. Pour ne pas crever dans ce lieu d'enfermement, ils parlent, déparlent, délirent sur les malheurs provoqués par les prédateurs de la planète." Ce qui est extraordinaire, dans ce texte d'une puissance fulgurante, c'est autant le don de prophétie que le don d'écriture. Frankétienne imagine, donc, deux hommes assis au bord du gouffre à la suite de quelque séisme. Un mois et demi plus tard, ce qui était écrit advient. [ …]Melovivi est un texte superbe, qu'il faut lire à haute voix. Cela donne la pleine mesure de la puissance créatrice de Frankétienne, l'un des très grands écrivains de langue française. (François Busnel, Lire, 2 juin 2010)
Né en 1944, Jean-Paul Kauffmann a été journaliste à l'Agence France-Presse, puis au Matin de Paris dès 1977, avant de devenir grand reporter à L'Evénement du Jeudi. Il est enlevé à Beyrouth en 1985 et libéré trois ans plus tard grâce à l'intervention de Jean-Charles Marchiani. En 2002, Jean-Paul Kauffmann reçoit le Prix de littérature Paul Morand remis par l'Académie française.
En 1993, dans L'arche des Kerguelen : voyages aux îles de la désolation (1993 – Prix des maisons de la presse) Kauffmann tente de découvrir « le sens caché de cette France australe longtemps maudite […]. Ces îles dites de la Désolation, où règne le vent, passent pour être le point le plus isolé du globe.» (Mot de l’auteur)
« Récit de voyage et enquête sur les derniers jours de l'Empereur, [La chambre noire de Longwood : le voyage à Sainte-Hélène (1997- Prix Fémina essai, le Prix Roger Nimier, le Grand Prix Lire-RTL, le Prix Jules Verne et le Prix Joseph Kessel)] décrit avec justesse la captivité et l'enfermement. […] Une méditation sur la mélancolie historique, un huis clos policier qui atteste que Napoléon a bien été empoisonné. Par la nostalgie de sa gloire et le regret de son passé. » (Présentation de l’éditeur)
« À la fin de sa vie, Delacroix a représenté La Lutte de Jacob avec l'Ange […] Cette peinture décore le mur de la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice. […] Jean-Paul Kauffmann a enquêté sur cette peinture et sur cette église, s'attachant surtout à en explorer la face cachée […]. La Lutte avec l'Ange est un livre sur l'origine, la trace, le Mal. Tout homme lutte fatalement un jour avec l'ange. Mais comment identifier le moment de vérité ? » (Présentation de l’éditeur)
Dans 31, allées Damour : Raymond Guérin, 1905-1955, paru en 2004, Kauffmann retrace le parcours de cet « Écrivain inclassable, victime d'une des plus grandes erreurs littéraires de l'après-guerre, Raymond Guérin […] reste incompris par son obsession de tout dire […]. Prisonnier en Allemagne, sous-officier réfractaire, il rate le Goncourt en 1941. De cette captivité qui le brisa, il revint avec un livre d'une noirceur irrémédiable, Les Poulpes, chef-d'œuvre de dérision écrit dans une langue dont on n'a pas encore mesuré la profonde originalité. » (Présentation de l’éditeur)
Tous ces livres ont une thématique commune : l'enfermement, la solitude, mais n’abordent jamais directement son expérience d'otage. Ce n’est qu’en 2007 dans La maison du retour qu’il évoque sa captivité. « Jean-Paul Kauffmann s'est réfugié dans les Landes et a fait de son exil un royaume... Quelques mois après sa délivrance, [il] a donc choisi une maison où s'enfermer, le plus souvent seul, dont il serait à la fois l'architecte, le gardien, le jardinier, l'oblat et le reclus conditionnel. Une prison à ciel ouvert. » (Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 15 février 2007)
Distingué amateur de vins, Kauffmann a publié plusieurs ouvrages sur les cépages bordelais :Voyage à Bordeaux (1989) ; Le Bordeaux retrouvé (1989) et La morale d'Yquem : entretiens avec Alexandre de Lur(1999) qui parle pour la première fois de l'histoire, de la morale et de la magie d'Yquem, domaine au sud de Bordeaux, qui produit le plus grand liquoreux du monde.
Courlande(avril 2009), « Longtemps occupée par les Soviétiques, interdite d'accès jusqu'en 1991, cette contrée des confins bordée par la mer Baltique surgit aujourd'hui intacte avec ses ciels infinis, ses forêts, ses plages désertes et ses châteaux en ruine détenus naguère par les barons baltes, descendants des chevaliers teutoniques. Poursuivant une très ancienne histoire d'amour, Jean-Paul Kauffmann a succombé à l'attraction de cet ailleurs, dernière écluse entre le monde slave et le monde germanique. Il s'agit aussi de retrouver la trace d'une jeune Courlandaise, d'un chercheur de tombes, d'un monarque français... Retrouver aussi un pays, autrefois une anomalie historique, aujourd'hui à la recherche de son âme. » (Présentation de l’éditeur)
« Jamais voyage n’avait été plus frustrant pour moi, constate [l’auteur]. Finalement, j’avais tout loupé. Mais, de ce fiasco, justement, va naître un livre superbe, dont chaque mot semble avoir été cueilli avec amour. Car il y aura un second voyage, dont l’auteur ne nous dit pas mot, mais qui nourrira le récit du premier. Cette alchimie s’appelle littérature. » (Robert Solé, Le Monde des Livres, 24 avril 2009)





