Palmarès 2011-2007
Originaire du Poitou, Hélène Grémillon est née en 1977. Ancienne étudiante en Lettres, elle a travaillé dans la publicité, a été pigiste et assistante de production avant de réaliser plusieurs courts-métrages dont La blague en 2006, Hiroshima et Nin’shin en 2007 avec les acteurs Olivier Sitruk, Anne-Lise Helme et Francis Perrin.
« Au milieu des mots de condoléances qu'elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne. Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un scénario implacable. » (Présentation de l’éditeur)
« Autant l'histoire est compliquée, autant la lecture est limpide et palpitante. Le talent d'Hélène Grémillon éclate dans ce premier roman, tant par le style, les précisions historiques, que par le suspense qui se prolonge jusqu'au dernier paragraphe. Quant aux personnages principaux - les époux M., Annie et Louis, son amour de jeunesse, la gardienne Mme Merleau -, ils sont tous complexes, imprévisibles et surtout charismatiques. » (Sophie Delassein, Le Nouvel Observateur, 19 août 2010)
Ariégeoise de cœur mais Parisienne depuis toujours, Anne Icart est née en 1968. Elle exerce la profession de rédactrice juridique.
« Il a cinq ans de plus qu'elle, ils dorment dans la même chambre, leurs lits en diagonale, et il est son grand frère adoré, son héros. Anne a à peine sept ans - l'âge de raison - quand sa mère lui dit que Philippe est malade, et qu'il ne guérira pas. Elle ne comprend pas tout, elle est trop petite, mais elle reçoit l'essentiel, de plein fouet : elle comprend qu'il faudra toujours veiller sur lui. Ne jamais le laisser seul. L'aimer plus fort que les autres. De ce jour, elle va grandir le cœur accroché à son frère, son héros aux ailes brisées, handicapé mental à cause d'une césarienne faite trop tard lors de sa naissance. Comme des instantanés ultrasensibles de leurs vies, les souvenirs affluent, mêlant passé et présent, parfois cruels et douloureux, le plus souvent tendres et joyeux, voire cocasses. Et avec eux des sentiments extrêmement forts, le désir sauvage de protéger, la honte, le remords, la rage impuissante, la culpabilité, la peur, la difficulté à construire sa vie à soi, à aimer d'autres hommes - mais surtout l'amour, cet amour plus fort que les autres. Personne ne peut imaginer comme je suis nouée à toi ; même pas moi : c'est ce qu'elle raconte ici, de leur enfance dans les années 1970 à aujourd'hui où tout va bien, parce que le regret de ce qui aurait pu être a laissé la place à l'acceptation de ce qui est vraiment. Portée par une écriture lumineuse, l'émotion vous prend dès les premières pages et vous mène d'une traite jusqu'à la dernière ligne de ce récit aussi fort que bref : c'est rare. » (Présentation de l’éditeur)
« Léa a dix ans. Brutalement confrontée au monde des adultes, elle n’a pour se défendre, que ses mots à elle. Elle est comme Alice au pays des merveilles, projetée dans un monde d’ombre et d’inconnu. Pourtant grâce à son innocence et à sa volonté, elle saura retrouver le chemin de la lumière.
À vingt-trois ans, Alma Brami offre avec ce premier roman un miracle d’équilibre et de justesse. En prenant la voix d’une enfant, elle soulève les questions les plus graves avec les mots les plus simples. Et on ne sait, au fil de la lecture, si elle est une adulte qui sait emprunter les pas d’une enfant, ou une enfant qui possède la lucidité d’une adulte…» (Présentation de l’éditeur)
Jérôme Lafargue est né en 1968 dans les Landes. Lire, bayer aux corneilles et écrire sont les activités qui le motivent le plus. L’ami Butler est son premier roman. D’autres suivront sans doute, ainsi qu’une pharaonique Encyclopédie sans queue ni tête qui le placera haut dans le firmament (de quoi, on ne sait pas).
Lorsqu’il lui arrive d’être sérieux, il travaille en Afrique orientale.
« Ce très beau roman est mené avec habileté et finesse. On s’y laisse prendre et, comme, Johan, on mène l’enquête avec délectation, car les mots sont choisis avec soin, au point qu’il est impossible de le refermer avant d’avoir démêlé tous les fils de l’intrigue. » (Anne-Sophie Demonchy, Le Magazine des Livres, septembre-octobre 2007).
« Écoutez, mes sœurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! »
Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels...
Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie. Quatrième de couverture Trois pages et on a compris : l'affaire est sérieuse.
C'est du premier roman comme on en lit peu, avec une écriture puissante et un lyrisme frappant. L'auteur, sans doute proche du « réalisme magique », puise dans le registre du merveilleux et de la superstition pour ajouter de la force à chaque personnage, fût-il secondaire. Si bien qu'on pourrait découper des histoires dans l'histoire, notamment autour de la figure de l'ogre - spectaculaire. Pleinement absorbé par le destin de Frasquita et des siens, le lecteur songe à Camus : il faut bien du désespoir de vivre pour aimer la vie. Ce « Cœur cousu », qui ne faiblit pas au cours des 400 pages, est simplement grandiose. Anne Crignon, Le Nouvel Observateur - 2215 - 19/04/2007





